Et si des élèves venant de deux endroits différents du monde se réunissaient pour parler ouvertement de leurs cultures, de la vie scolaire, des stéréotypes et des clichés qui entourent leurs pays ? On obtient une conversation enrichissante qui nourrit la curiosité, ponctuée de rires et de nouvelles découvertes, confirmant parfois ce que l’on pensait déjà savoir ou ce que l’on imaginait.

Récemment, j’ai eu le plaisir d’organiser une visio qui a réuni deux groupes : les étudiants de La Pléiade, club de français de l’Université Kenyatta, et mes élèves en enseignement de spécialité AMC (Anglais Monde Contemporain) du lycée Claude-Nicolas Ledoux à Besançon. Cette rencontre a été un succès grâce à Damien Waisse, professeur d’anglais au lycée Ledoux, Angela Wambui, Aden Boru, Peter Njoroge et Faith Mwende, parmi d’autres membres de La Pléiade. Cette session a créé un espace où quelques membres de la GénZ ont pu se rencontrer, échanger et apprendre à se connaître au-delà des textes écrits et des stéréotypes.

Dès le début, l’atmosphère était animée : les élèves se sont présentés et ont commencé à discuter de plusieurs sujets, notamment la vie scolaire, les stéréotypes et clichés, ainsi que la culture, à travers la mode et les plats traditionnels. En parlant de la vie scolaire, ils ont expliqué les différences entre leurs systèmes éducatifs, les routines quotidiennes, l’uniforme scolaire, ainsi que l’existence de lycées uniquement pour filles ou uniquement pour garçons, entre autres.

Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant, c’est la discussion autour des perceptions et des stéréotypes. Certains étaient plutôt amusants : par exemple, les élèves français pensaient que tous les Kényans étaient de très bons coureurs ou qu’il y avait des animaux sauvages partout dans le pays. De leur côté, les étudiants de La Pléiade ont partagé leur perception des Français comme étant des personnes très romantiques, qui doivent absolument prendre « un café » à chaque rencontre ou réunion, selon Richard Mungai. Ils ont aussi souligné qu’il est très impoli de rencontrer une personne française sans lui dire « Bonjour ! ». Ces échanges ont permis de mieux comprendre les deux pays au-delà de ce que montrent les médias et des idées générales liées à la distance.

Les aspects culturels ont également été mis en avant lorsque les élèves ont parlé de mode et de cuisine traditionnelle. Les élèves français étaient curieux de connaître les tendances vestimentaires au Kenya. Parmi les réponses figuraient le bracelet kényan aux couleurs du drapeau national, le kitenge, les kangas, les deras, les durags et les foulards utilisés pour se protéger de la poussière. La conversation s’est ensuite tournée vers les plats traditionnels. Du côté kényan, on a évoqué le nyama choma, le githeri, le muthokoi, l’ugali, entre autres. Du côté français, on a cité, entre autres, le bœuf bourguignon, le croissant, la raclette, le vin et les baguettes.

D’autres sujets ont également été abordés, notamment le fait que le Kenya accueillera la CAN en 2027, ainsi que quelques commentaires sur la CAN 2025. À la fin de la session, les participants des deux pays avaient découvert un nouveau regard sur le monde grâce à cet échange.

Kelvin Nzau